Par une nuit orageuse du mercredi 2 juillet 1947, William Brazel, propriétaire d’un ranch au Nouveau Mexique, entend une forte explosion. Le lendemain, au hasard d’une promenade, il découvre un amoncellement de débris éparpillés sur un large périmètre. Intrigué par leur aspect, il en ramasse quelques-uns qu’il ramène chez lui pour les montrer à sa famille et ses voisins. Le dimanche 6 juillet suivant, il se rend finalement au bureau du shérif du comté de Chaves, George Wilcox qui avertit aussitôt la base militaire de Roswell, le Roswell Army Air Field. Le lendemain, 7 juillet, le major Jesse Marcel se rend sur les lieux de l’écrasement accompagné du capitaine Sheridan Cavitt pour inspecter les débris et les ramener à la base.
Le 8 juillet, le colonel William Blanchard ordonne de boucler le périmètre de l’incident et les débris sont emmenés par camion à la base de Roswell pour être transférés par avion aux bases militaires de Forth Worth et Wright Field. La même journée, l’armée publie un communiqué affirmant qu’une soucoupe volante a été trouvée et est maintenant en possession de l’armée, une déclaration qui émane du Colonel Blanchard lui-même. Quelques heures après la diffusion de ce communiqué, un second communiqué est émis sous l’ordre du brigadier-général Roger Ramey qui précise qu’il ne s’agit pas d’une soucoupe volante, mais des restes d’un ballon météorologique couplé à un réflecteur radar.
Le nouveau communiqué satisfait la presse et rassure le public, l’affaire Roswell tombe dans l’oubli. Ce n’est qu’en 1980, au moment où Chalres Berlitz et William L. Moore publient un livre basé sur une enquête minutieuse à laquelle a contribué le physicien nucléaire, Stanton Friedman, que l’incident Roswell refait surface. Selon eux, l’armée s’est employée à démentir l’affaire par un savant cover up, multipliant les dénégations et faisant croire que le fameux OVNI récupéré était de nature militaire et hautement secret.
Depuis la parution de ce bouquin, il y a eu une série télévisée, un film et plusieurs documentaires. Jusqu’à tout récemment, chacun pouvait avoir sa petite idée sur ces incidents.
Personnellement, bien qu’ouvert à la possibilité qu’un OVNI se soit écrasé faisant quelques victimes interplanétaires, j’avoue que ça me laissait un peu de glace. Après tout, je n’y étais pas lorsque c’est arrivé et, de toute façon, bien des farceurs peuvent bien vouloir profiter de toute cette histoire pour l’embellir, y mettre une touche d’exotisme et faire un peu d’argent.
Sauf que récemment, le 4 juillet dernier, lors d’une émission spéciale de Larry King Live, des témoins particulièrement crédibles affirment que tout cela est vrai. Parmi ceux-ci, Janet Rooney, chanteuse, actrice et conjointe du légendaire Mickey Rooney, Charleene Greene, dont le père a été colonel à la base militaire de Roswell, le sergent Earl Fulford qui a fait partie de l’équipe de récupération des débris de l’OVNI, Franky Rowe dont le père, pompier de son métier, est intervenu sur les lieux de l’écrasement et le Dr Edgar Mitchell, astronaute lors de la mission Apollo 13 qui a mené une enquête auprès du Pentagone à la demande des témoins et de survivants de témoins de Roswell. Tous apportent un nouvel éclairage sur cet incident et, le moins qu’on puisse dire, ont la grandement qualifié d’être assez crédibles. Mais pourquoi parlent-ils maintenant ? Parce que, semble-t-il, la plupart étaient tenus au secret militaire ou craignaient les représailles de l’armée ou du gouvernement américain. C’est pourquoi plusieurs révélations ont été faites récemment, à l’approche du décès de certains ou de la fin de la vie militaire active.
C’est ainsi qu’une semaine avant sa mort, le père de Charlene Greene, un militaire maintes fois décoré basé à Roswell en 1947 qui a combattu au cours de trois guerres lui dit : « … Ne laisse jamais personne te dire que l’incident à Roswell n’est jamais arrivé. C’est arrivé. J’y étais. J’ai vu le vaisseau spatial… ». Comme si ce n’était pas suffisant, il va même jusqu’à affirmer avoir vu des corps d’extraterrestres sur le site de l’écrasement! « Un homme qui n’était pas du genre à badiner ou à inventer des histoires», affirme Charlene.
Pour Janet Rooney, actrice et conjointe du légendaire Mikey Rooney, c’est lors d’un souper de famille qu’elle découvrit avec surprise que son père, John Chamberlin, en savait plus qu’il ne l’a jamais dit sur les OVNIS. Questionné par un des invités, il répond après avoir pris une gorgée de son verre : « ... La meilleure façon de dire les choses sans trahir de secrets militaires, c’est qu’actuellement il y a des documents relativement aux OVNIS, mais ils ne seront jamais révélés de notre vivant …».
Colonel émérite au sein de la US Airforce, John Chamberlin a été appelé sur les lieux mêmes de l’incident par nul autre que le colonel William Blanchard, commandant en chef de la 509e escadrille de bombardier à la base de Rockwell.
Quand au sergent Earl Fulford, il a fait partie de l’équipe de récupération des débris en 1947. Invité à décrire ce qu’il a vu, il dit que le matériel qu’il a eu entre les mains ressemblait à « … du papier d’aluminium, comme une feuille de papier d’aluminium qui n’a jamais été froissée… ».
Franky Rowe, la fille d’un pompier intervenu sur le site de l’écrasement, affirme pour sa part, que son père a vu un extraterrestre qui gisait au sol ainsi que deux sacs renfermant des corps, manifestement des cadavres. Selon ce que son père lui a raconté, les membres de l’équipe d’urgence ont essayé d’aider le seul extraterrestre encore vivant, mais celui-ci leur aurait répondu qu’ils ne pouvaient rien faire pour lui. De plus, il aurait ajouté que ça fait longtemps qu’ils nous surveillent et que nous n’avons rien à craindre d’eux. Et tout cela s’est fait par télépathie et tous les pompiers présents ont compris le même message sans qu’il y ait eu de mots prononcés.
Finalement, comme si tout cela n’était pas suffisant, un astronaute célèbre pour sa participation à la mission Apollo 13, le Dr Edgar Mitchell, vient témoigner d’une enquête menée auprès des autorités du Pentagone à la demande de citoyens de Roswell, excédés de voir le silence étayer les railleries des sceptiques. Originaire lui-même de la région, son enquête auprès de gens sérieux au Pentagone lui permet de conclure qu’il y a effectivement eu cover up de la part de l’armée dans toute cette affaire. Mais, précise-t-il, cela ne confirme pas qu’il y a eu bel et bien un écrasement d’OVNI. Le cover up peut aussi bien concerner un appareil ou des expériences ultra secrètes menées par l’armée américaine.
Bien sûr, les sceptiques vont arguer que les témoins, ceci dit tous de bonne foi, se trompent ou ne se souviennent pas vraiment avec détails de ce qui s’est passé. Certains, les plus insidieux, vont dire que la polémique rapporte de gros sous aux auteurs des théories de conspiration et de complot, à la chambre de commerce de Roswell et à l’industrie du cinéma.
Ceci dit, je veux bien croire que l’armée a voulu protéger des renseignements militaires top secrets, mais pourquoi avoir publié un communiqué affirmant qu’on a retrouvé des débris d’une soucoupe volante ? On aurait très bien pu se contenter de parler d’un incident impliquant un appareil ou quelque chose du genre.
Me semble qu’entre une soucoupe volante et un ballon météorologique, y a un océan, que dis-je, un système solaire de différence. Comment un militaire de carrière, membre de l’armée de l’air américaine en plus, comme le colonel William Blanchard a-t-il pu se tromper à ce point là ?
Coincés entre des témoins à la mémoire défaillante et des militaires qui parlent de soucoupe volante pour ensuite ramener le tout à un ballon météorologique, faut se faire une idée.
Au fond, l’explication la plus simple, c’est que la réalité une fois de plus dépassé la fiction…