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Des forces surnaturelles nous entourent et jouent depuis des temps immémoriaux avec les composantes de notre planète. Combinés ensemble, ils créent et répandent la vie à travers chaque Être en leur dotant de caractéristiques uniques. De leur matrice naissent toute forme de vie inimaginable disaient jadis nos anciens, les Grecs. Aujourd’hui, je commence un récit homérique de ma plus belle plume pour vous exprimer mes sentiments passionnés face aux quatre éléments : la Terre, l’Eau, l’Air et le Feu.
Bonne lecture ;-)
Partie IV - LE FEU
Depuis sa découverte par les hommes préhistoriques, le feu a toujours fasciné l’humanité par sa rareté dans la nature et par son aspect surnaturel. Spontané, vif et intermittent, cet élément est le seul à dispenser chaleur et lumière au sein d’une superficie déterminée. De par sa singularité parmi la biosphère, le culte du feu remonte à des temps immémoriaux et se pare de vertus divines dès l’Antiquité grecque. De la pyromancie, art de prédire l’avenir par les flammes, jusqu’au flambeau olympique, le feu est noble par sa splendeur et est rarement associé aux bassesses et impuretés générées par la société. En effet, il purifie, sacralise et signifie tout ce qui s’engouffre dans ses traînées lumineuses en le transformant en matière plus légère. La feuille brûlée se retrouve débarrassée de son enveloppe matérielle et sa sève (son fluide amniotique) se retrouve en ascension dans l’atmosphère, purifiée de tout microorganisme. L’incinération repose sur le même principe, à quelques différences près. La chaire du défunt est métamorphosée en cendre épurée de toute perfidie. L’âme, ainsi allégée du poids de la culpabilité, amorce son ascension au paradis, là où le mystère divin entre en jeu.
Le feu correspond à la dernière phase de manifestation de la matière, c'est-à-dire le plasma. Pour simplifier ce que représente cette phase, imaginez un des millions de petites billes distribuées dans l’air ambiant. Au contact d’une chaleur intense, ces particules sont tellement réchauffées qu’elles finissent par émaner une lueur tout en bougeant de plus en plus vite dans l’espace. Elles finissent donc par ressembler à de minuscules rayons lasers s’entrechoquant les unes aux autres, formant chaleur et lumière nécessaire pour allumer une flamme. Le feu requiert néanmoins un matériau combustible pour exister et de l’apport en oxygène suffisant, d’où sa dépendance aux éléments terre et air.
On parle souvent du feu intérieur qui nous habite, la passion où l’on sacrifie des besoins pour une cause chevaleresque qui sauve des vies. Sous son aspect le plus noble, le feu combat et défend les opprimés au nom de la justice et du courage. Il brûle les perversions pour ne laisser passer que les bonnes âmes s’élevant aux cieux. Sous son aspect le plus vil, cependant, le feu n’a plus de conscience morale et détruit tout sur son passage. Il devient alors un fléau terrifiant qui ne pense qu’à ses propres besoins et se répand impulsivement sur son territoire.
Au rythme des saisons s’agence la lumière du soleil, seul représentant naturel et éternel de l’élément feu sur la Terre. Il n’est même pas sur sa surface comme les autres éléments, voilà pourquoi on le considère comme surnaturel et associé à la spiritualité.
Dès les aurores du printemps, le Soleil intensifie ses rayons et augmente progressivement les journées au détriment de la nuit. C’est l’équinoxe, c’est-à-dire que les périodes d’ensoleillement et de nuit sont égales pendant une journée déterminée. La chaleur grandissante fait éclater les bourgeons peu à peu, révélant de minuscules feuilles qui s’enrichiront de la lumière du soleil pour se développer et pour fabriquer de la chlorophylle. Précédemment, les longues traînées enneigées sont appelées à disparaître par l’augmentation de la température pour laisser place à la verdure gorgée d’eau de neige. Les animaux, appelés par leur instinct irrésistible de reproduction, commencent à explorer leur territoire nouvellement restauré et partent à la chasse copulative.
Plus les journées rallongent, plus le Soleil gagne du terrain et dispense à la Terre sa chaleur bienfaisante. Lorsque le solstice d’été se pointe vers la mi-juin, point culminant où le Soleil atteint sa durée maximale dans une journée et commence son déclin, la nature est au maximum de sa productivité. Les fleurs des arbres et des prairies ont dispersé leur pollen partout sur la surface de la Terre, les fruits et légumes sont mûrs et prêts à être consommés, les températures grimpent souvent à des sommets jamais atteints auparavant et la déshydratation doit être évitée, au même titre que les insolations. Les plaines abondent de mille couleurs et s’enrichissent au moindre rayon solaire.
Tout ce qui a gloire a un déclin, et c’est justement ce qui arrive au soleil aux prémisses de l’automne. Ayant donné le maximum de clarté pendant 6 mois, le voilà qui agonise lentement en raccourcissant ses durées d’apparition sur Terre, la nuit régnant de plus en plus en maître. Les chaleurs perdent de la vigueur et l’air froid fait rougir les feuilles des arbres qui perdent alors toute trace de chlorophylle. La nature n’en perd par moins éclat, car les teintes ignées sont au rendez-vous dans les forêts et boisés de feuillus. La faune et la flore commencent leurs préparatifs au long sommeil hivernal qui atteindront la majorité d’entre eux.
Finalement, nous terminons le cycle des saisons par la saison dite morte, c’est-à-dire l’hiver. L’air est froid, humide et rigoureux par endroits. Le Soleil est à son plus faible: il n’apparaît même pas dans les contrées arctiques et antarctiques lors du second solstice pendant une journée entière! La nature peut sembler effectivement en deuil, mais ne vous fiez pas aux apparences. Sous terre, l’activité est comble. Toute forme de vie attend patiemment la résurrection de l’astre du jour au printemps prochain pour s’émanciper de nouveau, et ainsi recommencer le cycle des saisons.
Le feu est le premier élément de la triade élémentaire du zodiaque occidental. Il a sous sa maîtrise trois signes astrologiques: le Bélier, le Lion et le Sagittaire. Chacun de ces signes représente le feu sous une forme qui leur est propre selon leur caractère.
Le Bélier ouvre le bal avec la foudre, créant le premier brasier et engendrant la vie. La première étincelle naît dans la violence et l’enthousiasme de ce signe qui innove dans tous les domaines. Elle brûle avec vigueur tout brin d’herbe nouveau qu’elle rencontre. C’est le feu non domestiqué par l’homme.
Le Lion suit en canalisant cette flamme dans un foyer et mettant lumière et chaleur à la disposition de tous. C’est le Soleil qui illumine une pièce entière, prennent de l’importance et de l’expansion dans toute son individualité pour enfin devenir une source indispensable de croissance et de réconfort envers autrui.
Enfin, en Sagittaire, les dernières braises du feu de foyer prennent alors un tout nouvel essor philosophique en s’élançant vers les airs, unissant création et mental aux idées humaines. C’est l’Athanor d’où surgissent les idéaux de l’humanité entière et nos aspirations à devenir meilleur.
Les attributs du feu sont : les couleurs rouges, orangées; le triangle équilatéral; le chiffre; l’arcane du Bateleur, d’où surgissent les élans et les nouveaux départs physiques et mentaux; le bâton ou l’épée, dépendamment de l’interprétation possible des arcanes mineurs du tarot traditionnel. Pour ma part, je choisis le bâton, car il est l’emblème premier du symbole phallique, donc masculin, et a reçu en premier le précieux élément à son extrémité.
Les glyphes du Feu diffèrent par les régions et les ethnies, mais comme la culture gréco-romaine influence considérablement notre mode de pensée occidental, je m’en tiendrai aux symboles les plus couramment utilisés.
• Un triangle équilatéral dont la pointe est ascendante est le symbole le plus utilisé pour représenter le feu en astrologie, en alchimie et en tarologie. Il symbolise l’âme fonçant vers ses aspirations élevées, libérées de toute contrainte.
• En alchimie, une représentation alternative du feu était un «m». Ce symbole était probablement utilisé pour signifier l’âtre dans lequel le savant faisait bouillir ses mélanges.
• Nous retrouvons, dans l’Encyclopédie de Diderot – ouvrage révolutionnaire qui annonça la domination du savoir humain sur les mystères de la nature pendant le Siècle des Lumières – un symbole pratiquement identique au triangle décrit ci-dessus, à la distinction de deux courbes partant du milieu de la forme pour s’arrêter juste avant leur croisement au sommet de la pointe. Le tout ainsi composé ressemble à un triangle croisé d’un cœur non terminé.
• Dans la religion kabbale, un soleil (rappelez-vous les dessins d’enfants) avec en son centre un point lui-même entouré d’un cercle rappelait l’élément feu.
Voilà, c’est ce qui termine mes chroniques sur les quatre éléments traditionnels occidentaux! Je reviendrai à leur sujet dans un dernier article faisant un sommaire complet à leur sujet. Ne manquez pas la finale sur la ronde des 4 éléments!
Jean_Mi |