LE SCORPION
Huitième signe du zodiaque, le Scorpion est traditionnellement représenté par l’animal du même signe, les pinces ouvertes tenant fermement entre ses pinces un objet de valeur telle des pierres précieuses. Son dard relevé suggère particulièrement une image agressive du signe, ce qui en a tôt fait l’animal maléfique du zodiaque. On oublie souvent que le signe du Scorpion est multiple. En effet, l’iconographie ancienne ne parle pas seulement d’un arachnide terrifiant rampant dans les déserts les plus arides, comme on aimerait bien l’imaginer, mais bien d’une double nature du signe représenté par un aigle et un serpent.
Le rapace représente la métamorphose la plus noble et épurée du signe, utilisant sa capacité de transformation pour le bien de tous tout en protégeant jalousement ceux qu’il aime. Il vole au dessus de toute souffrance et perfidie terrestre qui pourrait l’atteindre, mais cette liberté d’action a un prix. Tout Scorpion doit traverser les portes de la souffrance maintes et maintes fois avant d’expulser de sa énième carcasse sous sa forme aérienne.
En opposition avec l’aigle céleste, le serpent symbolise les aspects les plus vils et les plus méprisants du Scorpion. Il est associé à la ruse et à la fourberie utilisée par les natifs du signe pour obtenir leurs désirs les plus pervers. Le reptile n’est jamais direct dans son approche et ondule lascivement devant sa proie à étrangler lâchement. Le mensonge, les flatteries et la duperie sont ses armes préférées. Mais l’on doit cesser de flageller bêtement le serpent en le catégorisant dans le côté « ombre » du caractère Scorpion. Chaque être a bien ses raisons d’agir d’une façon propre à lui, et le serpent n’en fait pas exception. Il essaie de posséder ses proies de manière à contrôler la situation pour ne pas être démuni face à l’inattendu, grand ennemi, mais aussi grand allié de ce signe complexe. Il dit apprendre à laisser les choses et les êtres se dérouler librement et à se trouver une sécurité intérieure pour devenir l’aigle puissant, mais bienveillant. D’ailleurs, l’aigle mange le serpent et non l’inverse; ce n’est sans doute pas un hasard si l’on trouve sur le drapeau mexicain ces deux animaux symboliques s’affrontant dans un corps à corps. La légende veut que les colons espagnols doivent fonder une colonie sur des terres sacrées qui seraient identifiées par un aigle tuant un serpent en pleine nature. À vous de vous interroger sur la symbolique de cette légende…
Astrologiquement, le signe du Scorpion est régi par trois planètes : Pluton, son premier maître, Mars, le second et Uranus qu’il exalte dans son signe. Les trois astres ont en commun une puissance d’action bien différente, mais tout aussi brutale.
Mars en Scorpion régit les affronts et les confrontations militaires cachés. Il dissimule une haine portée vers l’ennemi à détruire et la canalise vers un but bien précis. Il est d’une nature hyper instinctive et intuitive. Ce n’est pas le même Mars fougueux du Bélier qui disperse aveuglément sa lance enflammée dans la plaine, dans l’espoir de libérer une impulsivité primaire et animale. C’est un samouraï, un ninja de l’ombre qui sait exactement où placer le fer qui anéantira le malheureux qui a eu l’audace de le faire souffrir, le plus souvent en l’humiliant dans un opprobre. Les Marsiens ont souvent le sens de la vengeance. La loi du Talion fait exactement référence au premier maître du Scorpion qui sait redonner une douleur équivalente sinon plus à son agresseur. À la grande différence du Bélier, le Scorpion n’oublie pas les douleurs et les accumule pour donner un impact encore plus redoutable et subtil que l’on peut imaginer. Il régit les guerres froides, les armes nucléaires, les chirurgiens, les meurtriers, la vengeance, les viols, les mutilations sexuelles, les automutilations, le sadisme, la castration, la sodomie, l’angoisse psychique, le rouge sang, les odeurs âcres, etc.
Pluton est le maître des enfers romains. Il symbolise l’instinct de survie et de régénération enfoui en chacun de nous. Il nous met en confrontation avec tous nos idéaux et nos aspirations chimériques. Il agit de cette façon pour faire réaliser que nos vies ne cessent d’évoluer et de muter au fil d’événements si insignifiants soit-ils. La remise en question qu’il apportera à l’individu est rarement vaine. En effet, les vanités sont des éléments supprimés de l’idéologie plutonienne par un retour aux sources, aux fondements de la vraie incarnation humaine, sa raison même de vivre. Il n’est donc pas étonnant que le Scorpion accueille cette planète en maître. Dans ce signe, Pluton passe parfaitement son message de résurrection humaine, souvent par une crise de conscience aiguë d’une partie de notre être intérieur, souvent brimé par une autre. Lors d’une situation qui semble désespérée et insurmontable, Pluton agira en tant que guide spirituel pour montrer la voie à suivre pour s’en sortir soi-même. La conscience de soi est alors hyper développée et l’intuition d’une lucidité peu commune. Les attributs de Pluton sont : l’ombre de notre personnalité, l’instinct de survie, les changements mondiaux et collectifs, les tunnels, les métros, les excrétions, les remises en question, le rouge brun, le marron, la mort, la renaissance, les bouleversements nucléaires, les exterminations, les génocides, la cruauté humaine, la lucidité instinctive, la bestialité, la pourriture, etc.
Uranus, planète du changement soudain et de la révolte collective sont en exaltation dans le signe du Scorpion. Cela veut tout simplement dire qu’elle se sent en affinité avec le signe et qu’elle est bien reçue par ce dernier, sans pour autant être complètement chez elle. Cette planète tire du Scorpion un sentiment d’insatisfaction face au conformisme matérialiste qui rôde dans la société dans laquelle il vit et cherche à tout prix à bouleverser cette apathie routinière qui l’entoure. Uranus cherche ici la différence psychologique et intuitive. C’est le temps de réformer l’intérieur des individus de plein fouet à travers une certaine brutalité mentale. Le natif exècre les gens mous, conformistes et raisonnables. Uranus en Scorpion mène les individus à se transformer collectivement et à se rebeller contre les abus psychologiques qui leur semblent dominateurs et dogmatiques. En fait, la plus grande peur de cette association astrale, c’est de se retrouver piégée dans un conservatisme rigide et individualiste. Cette planète peut s’associer aux crises générationnelles, aux fils électriques souterrains, Aux catastrophes météorologiques, les morts soudaines, aux combustions spontanées, etc.
Le Scorpion étant un signe d’eau fixe, il est souvent associé aux eaux stagnantes des marais, des étangs, des marécages, à l’urine, le sang, le sperme, la lave. Tous ces liquides sont sujets à des transformations physiques ou sont des déjections humaines renfermant nombre de microorganismes prêts à donner naissance à une nouvelle vie, un renouveau. L’eau noire et tortueuse du Scorpion s’oppose diamétralement à la terre grasse et fertile du Taureau. Nous n’avons qu’à regarder la signification des maîtres du bovidé pour comprendre les dissemblances frappantes : Vénus, symbole d’amour charnel, de fertilité, de beauté et d’harmonie; la Lune, maîtresse du domaine de l’inconscient individuel, de la sécurité affective, des besoins égoïstes, de la mère et de la sensibilité. Le Taureau s’accommode facilement du conformisme, car il puise dans celui-ci une double sécurité affective et matérielle. Le Scorpion s’éloigne du conformisme dans la mesure où il construit sa propre identité originale et objective sur le monde et ne veut en tout point être assimilé aux idées de tout le monde, de là une grande insécurité si le manque de confiance en soi s’installe, car il ne peut compter que sur lui-même. Le Taureau vit dans les apparences et la beauté des standards luxueux de la société. Il jouit de ce qu’il possède et aime accumuler des biens personnels. Le Scorpion dilapide ses richesses en réduisant souvent au minimum sa trousse de secours et est toujours à l’affût du pire. Il voit souvent au-delà des apparences et s’ancre trop facilement dans le pessimisme de la réalité. Pourtant, ces deux signes sont faits pour s’unir et se soutenir mutuellement en fusionnant leur façon de penser. Le Taureau apporte sécurité et affection au Scorpion tourmenté et angoissé. Ce dernier, en revanche, mène la vision du Taureau au second degré pour ainsi contempler les faces cachées de la réalité. Le premier, signe de vie, le second, signe de mort. Ce couple forme toutefois une tension interne déchirante et tenace si aucun d’eux ne parvient à sublimer un défaut de l’autre et vice versa. L’axe des possessions est ainsi teinté d’envie et de jalousie maladive et rancunière.
C’est ce qui conclue ma chronique symbolique sur le signe du Scorpion.
À tous les natifs de ce signe, joyeux anniversaire!
Jean_Mi
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