Cette théorie, le matérialisme, repose sur le fait que la pensée a été créée par la matière, résultante d’une longue évolution vers l’intelligence. Mais la question se pose : pourquoi la matière aurait-elle créé l’homme et son intelligence alors que, manifestement, elle pouvait s’organiser toute seule sans recours à notre pensée? Surtout que la création de cette pensée aboutit par la création d’armes de guerre suffisamment puissantes pour nous zigouiller. Et, conséquemment, de nous retourner dans le néant.
Vous y comprenez quelque chose?
En somme, la matière crée la pensée et la pensée, parfois malicieuse revancharde et guerrière se donne tous les moyens pour détruire sa propre origine, c'est-à-dire la matière. Bien sûr, on s’entend pour dire que, même avec les pires armes génialement conçues à ce jour, il s’en faut de beaucoup pour qu’on puisse écrabouiller les milliards de galaxies ou les réduire à néant. Mais c’est pas faute d’essayer…
Donc, la matière aurait créé l’esprit qui à son tour a créé la science pour tenter de comprendre la matière qui, à l’origine, n’avait pas besoin de l’esprit pour s’organiser puisqu’elle l’a créé de toutes pièces à partir de la matière.
Vous me suivez? Moi pas du tout…
Alors, reprenons tout cela en changeant de théorie.
Supposons qu’avant la matière et l’énergie, il y avait la Pensée. Et que cette Pensée dessine et crée les lois naturelles que l’on dit universelles. Une Pensée bienveillante dont le but est de bâtir, créer, concevoir.
Imaginez qu’un jour, cette Pensée, pour se désennuyer, a l’idée complètement saugrenue de créer un univers rempli de matière et d’énergie, deux préalables à l’apparition des galaxies, des étoiles et de planètes. Et, bien sûr, avec les planètes, les êtres vivants, les humains et les problèmes.
Mais, une fois la matière créée, comment l’animer? Bonne question pour la Pensée qui, finalement, décide d’insuffler une partie de sa propre énergie dans la matière. Et comme la matière est périssable, la Pensée n’a d’autre choix que de maintenir un lien continu pour insuffler la vie. Ce souffle est fait de milliards de petites énergies autonomes qui, un peu a comme les pixels d’un téléviseur, composent l’écran lumineux et précis de l’image.
Bon, cette théorie est volontiers plus fantaisiste que celle des matérialistes. Mais, au moins, elle met un préalable essentiel à l’apparition de la matière : la nécessité de lois et règles qui gouvernent notre univers. Et la possibilité qu’une Pensée universelle nous anime et avec laquelle nous avons un lien immuable.
Évidemment, dans un cas comme dans l’autre, personne ne dispose des preuves scientifiques à l’appui de sa thèse. Et on peut douter qu’un jour on en arrive à de telles preuves.
Mais, est-ce important?
Au fond, en science comme en conscience, la foi ne fait-elle pas loi?
Michel Gailloux