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…à la découverte de l'Alsace | Version imprimable |  Suggérer par mail
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le 02-10-2009 00:00
Pour cette chronique d'Octobre je vais vous faire découvrir l'Alsace et ses petites recettes, pour la chronique  de novembre, je vous propose de me dire quel serait la région de France que vous aimeriez découvrir ainsi que ses spécialités qu'en dites-vous?

La Région Alsace forme la plus petite des régions administratives françaises. D'une superficie de 8 280 km2, elle est longue d'environ 200 km, sur 30 à 40 km de large. En 1990, la population de la région atteignait les 1 624 372 habitants.
 
Sainte patronne : Ste Odile, fille d'Adalric ou Etichon, duc d'Alsace.
Le costume traditionnel des femmes a été abandonné entre 1871 et 1918 en signe de résistance et remis en honneur par la suite. Il s'agit d'une coiffe avec grand nœud noir, une jupe rouge bordée de velours noir et un boléro de velours noir à paillettes sur la blouse blanche. Dans les campagnes et en semaine, le costume traditionnel alsacien se formait d'une jupe et blouse noires. Les familles de confession protestante portaient quant à elles des nœuds noirs à pans plus longs derrière et les familles aisées portaient des nœuds blancs. Toutefois, la couleur du nœud variait selon les localités : à Geispolsheim il était rouge ; à Bitschhoffen il était écossais ; dans d'autres localités alsaciennes il était de couleurs claires, imprimé à fleurs. À noter que le grand nœud noir se portait aussi Outre-Rhin (Pays de Bade) avec des variantes. Dans le Sundgau (sud du Haut-Rhin), le bonnet était avec paillettes et dentelles. (
Source Quid, 2000)

Les conditions climatiques en Alsace se caractérisent par un climat semi-continental avec des hivers assez froids (60 à 70 jours de gelée par an), et des étés chauds et secs. Les précipitations sont de l'ordre de 600 à 700 mm par an. L'Alsace, située à l'abri des vents humides de l'ouest grâce aux Vosges ; concentre un ensoleillement important.

La langue parlée dans la région est un dialecte germanique que les Allemands nomment "Elsässerdeutsch".Ce dialecte est parlé en Alsace depuis le Ve s., et fait partie des parlers franciques et alémaniques. Quelques localités du Sundgau ont un dialecte roman, et quelques localités des hautes vallées et crêtes à l'ouest de Kaysersberg dont celles du "pays welsche" (Aubure, le Bonhomme, Lapoutroie, Orbey, Labaroche), le haut Val de Lièpvre, une partie du Val de Villé, et la haute vallée de la Bruche (Ban de la Roche et région du Donon) pratiquent un patois vosgiens non germanique.
 
L'Alsace comporte le versant oriental des Vosges, avec massif cristallin ("Grand Ballon" ou "Ballon de Guebwiller" avec 1 424 m d'altitude, "Hohneck" à 1 361 m d'altitude, et "Ballon d'Alsace" haut de 1 247 m), vallées profondes (vallées de la Doller, de la Thur, de la Fecht, de la Weiss, de la Liepvrette). Les collines sous-vosgiennes ont une altitude d'environ 500 m, et l'on y trouve vignobles et cultures fruitières. La plaine d'Alsace est une terre de loess (blé, betterave à sucre, plantes fourragères, vergers, houblonnières, tabac,...) et alterne avec des rieds (basses plaines humides derrière la levée alluviale du Rhin).

Histoire de l'Alsace

L'Alsace fut d'abord peuplée de peuples celtes (elle fit partie du royaume des Arvernes dès le IIIème siècle av. J.-C.), avec une période gauloise (tribus Médiomatriques et Séquanes). En 65 av. J.-C., la région est occupée par les Suèves d'Arioviste. Arioviste est chassé en 58 av. J.-C. par les troupes de Jules César (bataille aux environs de Cernay). Une des tribus suèves, les Triboques, germano-celtique, s'installa dans la région de Brumath (Broco-Magus) et y demeura après la fuite d'Arioviste.
Pendant près de quatre siècles, la civilisation gallo-romaine s'épanouit en Alsace. Introduction de la culture de la vigne, construction de nombreuses routes favorisant l'essor économique de la région.
Strasbourg (Argentorate) devient la cité importante de la région ; d'autres cités se développent (Saverne, Seltz, Kembs, Wissembourg).
La domination romaine dure jusqu'au début du IVe s, puis surviennent les invasions des Alamans qui occupent l'Alsace malgré la victoire de Julien remportée devant Argentoratum (Strasbourg) en 357 apr. J.-C.. La cité d'Argentoratum devient Strateburgum (ville des routes). Après la défaite des Romains (401), les Alamans se heurtent au peuple des Francs, qui les battent à Tolbiac en 496. Les Alamans, vaincus, continuèrent néanmoins à prédominer en Alsace, même sous la domination franque. À la mort du roi des Francs Clovis, l'Alsace est rattachée au royaume d'Austrasie, et forme le duché Alaman, divisé en comtés. Période de misères.
Après l'instauration du christianisme en Alsace (sous l'autorité des évêques de Strasbourg et de Bâle), la rechristianisation a lieu au VIIe s. De nombreux monastères (Wissembourg, Murbach, Munster, Marmoutier, Sainte-Odile) forment de véritables foyers de vie économique et de culture latine. Au VIIIème siècle apparaissent les premiers sanctuaires monumentaux : Saint-Étienne de Strasbourg (fondé par Sainte-Attale, issue de la famille des ducs d'Alsace), le Dompeter d'Avolsheim...
L'Alsace forme un duché sous les dynasties Mérovingiennes. A la succession de Charlemagne, second roi des Francs carolingien, Louis le Pieux est vaincu par ses fils révoltés. Par le Serment de Strasbourg (842), les deux cadets Louis le Germanique et Charles le Chauve (France) se promettent une aide mutuelle, qui se manifestera ensuite aux dépens de Lothaire. La région est attribuée en 843 à Lothaire Ier et à la Lotharingie, par le Traité de Verdun. Par le traité Meersen (870), elle en est ensuite séparée pour faire partie du Saint-Empire Romain Germanique, et passe au roi de Germanie. Elle est intégrée dans le duché de Souabe (formé entre les Vosges, les Alpes, et le Jura Souabe).
L'Alsace connaît un désordre profond jusqu'à la fin du Moyen-Âge. Apparition de nouvelles seigneuries : les familles de Habsbourg en Haute Alsace (sud de la région), les Ribeaupierre (Rappolstein) en Alsace "centrale", les Lichtenberg, en Basse-Alsace (nord de la région). À côté de ces trois dynasties, la région se morcelle en une infinité de territoires enchevêtrés, sous l'autorité d'une multitude de petits seigneurs, laïques et ecclésiastiques.
Les XIIe et XIIIe siècles marquent une période de prospérité, et la ville d’Haguenau devient la résidence du grand bailli impérial, tandis que  Strasbourg est une cité importante du Saint-Empire Romain, formant une république indépendante dans le cadre de l'Empire ; le commerce a lieu avec la Suisse et l'Allemagne moyenne.
En 1262 se déroule la Bataille de Hausbergen. Strasbourg se libère de la tutelle de son évêque qui va résider à Saverne. La Basse-Alsace (Alsace du nord) est morcelée entre le domaine des évêques de Strasbourg, une dizaine de princes (dont le comte de Hanau-Lichtenberg, le bailli à Bouxwiller, le comte de Deux-Ponts, également bailli à Bischwiller), six villes libres et quelques dizaines de chevaliers, alors que la Haute-Alsace (Alsace du sud), qui, sur le plan ecclésiastique, relève de l'évêque de Bâle, comprend trois grands fiefs : principauté abbatiale de Murbach, Sundgau appartenant aux Habsbourg  (dont le bailli réside à Ensisheim), bailliage Wurtembergeois de Horbourg-Riquewihr. En 1268, le duc Conrad V partage son fief en deux : au nord, landgraviat (comté souverain) de Nordgau ou Basse-Alsace (aux évêques de Strasbourg après 1365) ; au sud, comté de Sundgau (aux Habsbourg).
L'Alsace est morcelée politiquement du fait de l'effacement du pouvoir impérial et de l'enrichissement de la bourgeoisie urbaine. En 1354, la Décapole d'Alsace se constitue : elle forme une ligue des dix villes marchandes les plus importantes, sous la protection impériale, à savoir les cités libres de Mulhouse, Colmar, Munster, Turckheim, Kaysersberg, Sélestat, Obernai, Rosheim, Haguenau, et Wissembourg  (en 1511, Landau y remplacera Mulhouse qui s'allie, en 1515, à la Ligue Suisse)
En 1439, Gutenberg invente l'imprimerie à Strasbourg. De nombreux écrivains, dont l'abbesse Herrade de Landsberg (manuscrit l' "Hortus Deliciarum" ou "Jardin des Délices"), Ottfrid de Wissembourg, participent à la vie intellectuelle tandis que la vie artistique donne à la civilisation de Moyen Âge un vif éclat : églises de Rosheim (XIIe siècle), de Thann (XIIIème-XVème siècle).
Au XVIe siècle, l'Alsace est un foyer de l'humanisme et de la Réforme (1530). Politiquement plus divisée que jamais, la province connaît un rayonnement intellectuel intense : Geiler, Sébastien Brandt, Jean Fischart, Martin Bucer. Ce dernier rédige la Confession tétrapolitaine pour Strasbourg et trois autres villes de l'Allemagne du Sud (Memmingen, Constance et Lindau) ; Calvin est nommé pasteur de l'Église française (?) de Strasbourg. En 1549, après sa victoire sur la ligue de Smalkalde (dont Strasbourg faisait partie), Charles Quint impose le maintien dans la ville de trois paroisses catholiques. Le protestantisme se répand surtout en Basse-Alsace, et gagne la vallée de Munster, Sélestat (Schlestatt) et Colmar. Cependant, les catholiques conservent la majeure partie des possessions des Habsbourg, des abbayes et de l'évêché de Strasbourg.
Strasbourg est réputée pour la qualité de son artillerie (dépôt impérial). Son magistrat, Jacques Sturm (décédé en 1553), est un des mentors de la politique européenne. En 1580, l'Évêque Jean de Manderscheidt appelle les Jésuites en Alsace : édification des collèges de Molsheim (devenu université 1617), de Haguenau et de Sélestat ; puis de Rouffach et d'Ensisheim (diocèse de Bâle).
Au cours des XVIe et XVIIe siècles, l'Alsace connaît une longue période de guerres d'ordre social, religieux ou politique. Lors de la Révolte des Paysans, les paysans d'Alsace opprimés par leurs seigneurs et encouragés par les protestants qui leur promettent la liberté se soulèvent contre la noblesse en 1525. Ils sont écrasés à Saverne et à Scherwiller. Pendant les guerres de religion, de 1562 à 1598, la plaine d'Alsace est traversée à plusieurs reprises par les troupes protestantes allemandes qui se portent au secours des huguenots français. La population souffre des pillages de bandes indisciplinées. Le XVIIe siècle voit la région alsacienne champ de bataille de la Guerre de Trente Ans (1618-1648). Le pays tout entier est mis à sac par les Allemands, les Suédois, les Espagnols, les Lorrains, les Français... Les massacres, les famines, et les épidémies réduisent la population de moitié. Afin d'échapper aux Suédois, l'Évêché de Strasbourg, le Comté de Hanau, puis certaines villes de la Décapole (dont Colmar en 1635) se mettent sous le protectorat français en 1634. Les troupes françaises pénètrent en Alsace.
En 1638-39, Louis XIII roi de France reconnaît son général mercenaire Bernard de Saxe-Weimar comme landgrave d'Alsace (celui-ci décède toutefois). De 1639 à 1643, tout le pays, sauf Strasbourg et Mulhouse, est occupé. Louis XIII revendique pour sa personne le titre de landgrave. En 1648, les traités de Westphalie transfèrent au Roi de France "les droits de l'Empereur sur l'Alsace", ce qui signifie, en possession directe, les terres habsbourgeoises (comprenant la plus grande partie de la Haute-Alsace) et une autorité de tutelle (appelée préfecture) sur la Décapole.


Dès lors, après la Guerre de Trente Ans, on assiste à une immigration importante, principalement suisse.

Le Roi de France s'engage à respecter les droits des princes allemands sur les domaines qu'ils possèdent en Alsace. Strasbourg et Mulhouse demeurent villes libres. En 1648, la plus grande partie de la province était divisée entre les Habsbourg, archiducs d'Autriche et Empereurs du Saint-Empire (seigneuries de Marimont, Altkirch, Thann, Belfort), les Princes-Évêques de Strasbourg (Saverne, Molsheim, Benfeld), les Comtes de Hanau-Lichtenberg (Bouxwiller, Woerth, Ingwiller), la maison Palatine (comtés de la Petite Pierre, de Ribeaupierre), la République de Strasbourg (Barr, Wasselonne).
De 1673 à 1681, le Roi de France Louis XIV assure sa suzeraineté sur le reste du pays, et en dernier lieu à Strasbourg (1681). Mulhouse, alliée aux cantons suisses depuis 1515, reste indépendante. En 1697, le traité de Ryswick reconnaît la suzeraineté du Roi de France sur l'Alsace (les seigneuries locales subsisteront jusqu'à la Révolution Française).

Après la Guerre de Hollande, au cours de laquelle Turenne (commandant de l'armée française contrainte de battre en retraite devant les impériaux supérieurs en nombre, et contraint de leur abandonner l'Alsace en 1674) imagine la compagne d'hiver qui lui permet de remporter, le 05 janvier 1675, la brillante victoire de Turckheim, où il bat les Impériaux,, le Traité de Nimègue, en 1679, confirme les droits de Louis XIV sur l'Alsace. Les Intendants du Roi administrent la province. A Colmar, le Conseil Souverain, parlement, juge les affaires de la région.

Au XVIIIe siècle, Vauban édifie des forteresses le long du Rhin (Strasbourg, Sélestat, Neuf-Brisach, Huningue, ainsi que Belfort), et assure la sécurité de l'Alsace. Assèchement de marais et reconstruction du réseau routier. La politique religieuse favorise alors le catholicisme. Rayonnement de l'université de Strasbourg en Europe protestante (étudiants : Metternich, Cobenzl, Goethe, ainsi que de nombreux Russes). Essor de l'orfèvrerie strasbourgeoise, développement de l'industrie (mines vosgiennes, brasseries et manufactures de tabac  dans la région de Strasbourg, filatures à Mulhouse), fleurissement du commerce par voie fluviale.
À la veille de la Révolution, plus du quart des Alsaciens sont encore sujets de princes "étrangers". Le peuple (particulièrement à Strasbourg et dans les villes libres de la Décapole, très attachées à leurs libertés) adopte avec enthousiasme les idées nouvelles qui préparent à Révolution. Le mois de juillet 1789 est marqué par des troubles par ailleurs assez vite réprimés. Des émeutes éclatent à Strasbourg (impopularité du Magistrat chargé de l'administration de la ville). Dans le Sundgau, les paysans endettés et misérables envahissent les châteaux, malmènent les agents des seigneurs, pillent à Guebwiller la résidence du Prince-Abbé de Murbach.
Après l'abolition des privilèges votée le mardi 04 août 1789, les princes étrangers refusent de se soumettre aux décisions de l'Assemblée et repoussent les indemnités qui leur sont offertes pour le rachat de leurs droits et de leurs terres.
La province d'Alsace est divisée en deux départements : le Haut-Rhin (ayant Colmar pour chef-lieu) qui comprend les districts de Colmar, Altkirch et Belfort ; et le Bas-Rhin (ayant Strasbourg pour chef-lieu) qui comprend les districts de Strasbourg, Benfeld, Haguenau et Wissembourg.

La déclaration de guerre à l'Autriche, le vendredi 20 avril 1792, provoque l'envahissement du nord de l'Alsace en 1793. Les armées françaises commandées par Hoche repoussent, en 1794, les Autrichiens sur la rive droite du Rhin.
Entre-temps, le samedi 02 mars 1793, la principauté de Salm-Salm (enclave étrangère en France) est rattachée à la France, incluse dans le département des Vosges.
Le dimanche 28 janvier 1798 a lieu la réunion volontaire de la république helvétique de Mulhouse ainsi que d'Illzach (autre enclave isolée en territoire français) à la France (département du Haut-Rhin).
Sous le Consulat, puis l'Empire, l'œuvre d'unification administrative commencée sous la Révolution se poursuit. Un Préfet est placé à la tête de chaque département, et un Sous-Préfet dans chaque chef-lieu d'arrondissement.
Construction du nouveau pont de Kehl (ville annexée à la France de 1808 jusqu'à la fin du Premier Empire). Le creusement du canal du Rhône au Rhin est entrepris. Développement de l'industrie (métallurgie dans la Manufacture Impériale du Klingenthal, à Strasbourg, à Niederbronn) et du textile.
En 1815 le nord de l'Alsace (cantons situés entre la Queich et la Lauter), avec Landau, est annexé à la Bavière rhénane.
En 1839-41, construction des voies ferrées Mulhouse-Thann et de Strasbourg-Bâle par Nicolas Koechlin.

En 1870 a lieu la guerre franco-allemande. Strasbourg est assiégée 31 jours, et subit un bombardement du mardi 18 ?? au 26 ??, au cours duquel on compte quelques 220 000 projectiles. La bibliothèque est  incendiée. Au nombre des victimes : 300 civils.
L'Alsace devient  "Terre d'Empire" (Reichsland). La loi du 06 septembre 1871 proclame que "les provinces d'Alsace et de Lorraine [Moselle], cédées par la France par les préliminaires de paix du 26 février 1871, dans les limites fixées par le traité de paix du 10 mai 1871, sont à jamais réunies à l'Empire d'Allemagne " ; en septembre 1871 Eduard Von Moeller (1814-1880) est nommé Oberpraesidium (Président supérieur).
Les Alsaciens-Mosellans ont la possibilité d'opter pour la Nationalité Française jusqu'au 30 septembre 1872 (et jusqu'au 30 septembre 1873 pour les résidents hors d'Europe). 128 000 Alsaciens-Lorrains (soit environ 8,5 % de la population dont 50 000 jeunes gens de 17 à 20 ans) opte pour la France ; 70 000 s'installeront en Algérie. [Sur 1 800 000 habitants en Alsace-Lorraine, en 40 ans, 260 000 ont émigrés vers la France (régions industrialisées), 330 000 vers l'Amérique, 400 000 immigrés allemands.]. Le 1er janvier 1874, la Constitution de l'Empire d'Allemagne est mise en vigueur en Alsace-Lorraine. Les Alsaciens-Lorrains enverront 15 députés au Reichstag. Le 29 octobre, une délégation régionale est créée (Landesaußchuss). Le 02 mai 1877, l'Alsace obtient l'autorisation de délibérer sur les lois à émettre par le Kaiser (l'Empereur d'Allemagne). Cette autorisation sera élargie le 04 juillet 1879  au droit de faire des propositions de loi. Un Statthalter, représentant le Kaiser, est nommé à Strasbourg, où il est assisté d'un ministère d'Alsace-Lorraine (un secrétaire d'État, trois sous-secrétaires), deux conseils renouvelés tous les trois ans : la Délégation (élue) 58 membres et le Staatsrat (Conseil d'État) 12 à 16 membres nommés par l'empereur. Aux élections du 21 février 1887, tous les protestataires sont élus, dont Auguste Lalance (1830-1920) devenu partisan de la réconciliation. 1888 -1-6 passeport jusqu'en 1900. 1911 -31-5 Constitution (Landesausschuss aboli). L'empereur exerce le pouvoir souverain, et à la tête du gouvernement est placé le Statthalter, nommé et révoqué par lui ; le pouvoir législatif est exercé par l'empereur et la Diète (Landtag) installée à Strasbourg avec 2 chambres : 1re Chambre : 5 représentants des communautés religieuses, le Pt de la Cour suprême de Colmar, 1 représentant de l'université de Strasbourg, 4 des villes les plus importantes (Strasbourg, Metz, Colmar et Mulhouse), 1 de la chambre de commerce de chacune de ces villes, 6 de l'agriculture, 2 des métiers, et un nombre de membres, nommés par l'empereur pour 5 ans, qui ne doit pas excéder le nombre des autres membres. 2e Chambre : 60 députés élus pour 5 ans au suffrage général direct et secret. 1914 -31-7 Constitution suspendue, état de siège. Les Statthalter du Reichsland furent
- du 10 janvier 1879 à octobre 1885 : le Maréchal Baron Edwin von Manteuffel.
- d'octobre 1885 à 1888 : le Prince Chlodwig Von Hohenlohe-Schillingsfürst (1819-1901, Bavarois)
- de 1888 à 1907 : Hermann Von Hohenlohe-Langenburg (1832-1913)
- après 1907 : le Comte Karl Von Wedel (1842-1919, Hanovrien)
Lois particulières du Reichsland Elsaß-Lothringen : enseignement obligatoire (1872), chasse (1881), caisses de maladie obligatoires (1883), loi cadastrale (1884), assurance accidents obligatoire (1884), assurance invalidité-vieillesse obligatoire (1889), loi municipale (1895), chambre de commerce (1897), code professionnel (1900), loi sur les associations (1908), aide sociale et domicile de secours (1908), code des assurances sociales (1911), travail des mineurs et repos dominical, organisation de la justice.
Principales dispositions administratives, issues des lois antérieures à 1870 (abrogées en France entre 1870 et 1918) sont en vigueur en Alsace comme faisant partie du droit local. 1o) Régime foncier : terres et constructions immatriculées dans un livre foncier où sont mentionnés : propriétaire, usufruit, hypothèque et indications cadastrales. 2o) Régime des tutelles : l'époux survivant reste seul tuteur légal sous la surveillance du juge des tutelles ; en cas de décès des 2 époux, le juge des tutelles nomme un tuteur (souvent du côté paternel). Pas de subrogé tuteur ni d'obligation de vendre le patrimoine pour le convertir en placements de l'État. 3o) Assurances sociales : remboursements et régimes de retraite plus avantageux que dans le reste de la France. Depuis 1889, assurance obligatoire pour les accidents agricoles : cotisation reposant sur les salaires payés en agriculture (taux 5 %) ; employés forestiers : selon la valeur cadastrale forestière par commune, cotisation prélevée sur le produit annuel de la location chasse, complément perçu par un % sur le salaire (taux 11 %) ; pour les gardes-chasse : taux 6,6 % du salaire brut. 4o) Maintien du bilinguisme. 5o) Régime particulier des associations. 6o) Loi de chasse locale. 7o) Concordat religieux : écoles primaires confessionnelles ; un crucifix figure toujours dans la cour d'assises ; le clergé des 3 principales religions est payé par l'État ; direction des cultes à Strasbourg ; lendemain de Noël et Vendredi saint chômés. 8o) Droit commercial : dispositions particulières. 9o) Notaires : assermentés et nommés par le ministre de l'Intérieur ; ils ne peuvent conserver dans leurs coffres liquidités et titres de leurs clients (ils doivent être versés dans un établissement bancaire). 10o) Circulation à droite des trains sauf ligne Mulhouse-Paris ; près de l'ancienne frontière franco-allemande, un " saut-de-mouton " permet le passage de gauche à droite. 11o) " Indemnité de difficultés administratives " pour les personnels civils de l'État [montant non modifié depuis le décret (17-9-1946)]. 
1914-18 dictature militaire : 250 000 Alsaciens et Lorrains mobilisés dans l'armée allemande, généralement sur le front russe ; environ 30 000 †.
 
 
Agneau Pascal
Ingrédients :
  • 6 œufs
  • 200 g de sucre semoule vanillé
  • 200 g de farine
  • beurre pour le moule
  • sucre glace
 
Préparation :
  • Battre au fouet un œuf entier et 5 jaunes d'œufs avec le sucre jusqu'à  ce que le mélange blanchisse;
  • ajouter délicatement la farine tamisée;
  • monter en neige les 5 blancs d'œufs qui restent en pics fermes et les incorporer doucement au mélange jaune d'œufs-sucre;
  • beurrer ou huiler un moule en forme d'agneau; verser la pâte; enfourner dans un four préchauffé à  180°C. (350°F.) pendant environ 25 minutes. Piquer à  l'aide d'une broche pour vérifier. Il est alors bien gonflé et doré.
  • Éteindre le four; ouvrir la porte et laisser le biscuit refroidir doucement dans son moule durant 5 minutes.
  • Démoulé doucement, car il est très fragile; saupoudrer de sucre glace et piquer un petit drapeau aux couleurs de la papauté (jaune et blanc) ou de l'Alsace (rouge et blanc).
N'oubliez pas de nouer un joli ruban autour du cou de votre agneau !
 

LE BAECKAOFFA
Pour 5 à 6 personnes
Ingrédients :
  • 500 g d'échine ou épaule de porc
  • 500 g d'épaule d'agneau sans os
  • 500 g de poitrine de bœuf désossée ou paleron
  • 1 kg de pommes de terre
  • 250 g d'oignons
  • 2 à 3 gousses d'ail
  • 1 l de Pinot blanc ou de Riesling
  • Bouquet garni, persil, thym, laurier, sel, poivre.
 
Préparation :
  • Détailler la viande en morceaux égaux comme pour une estouffade et la mettre à mariner pendant 24 heures avec un peu de vin, quelques oignons, l'ail, le bouquet garni, sel et poivre.
  • Dans une cocotte en terre, disposer une couche de pommes de terre émincées, ensuite les viandes, les oignons émincés, puis une nouvelle couche de pommes de terre et d'oignons émincés. Mouiller avec le vin blanc.
  • Fermer la terrine avec son couvercle et faire cuire au four pendant 2 heures à 2 h30.
  • Servir telle quelle dans la terrine dans laquelle s'est effectué la cuisson.
  • Remarques : suivant le goût on peut rajouter, en plus de la viande indiquée, une queue et pied de porc et quelques légumes (carottes, poireaux)
  • En accompagnement vous servirez un Pinot Blanc, un Tokay Pinot Gris ou un Pinot Noir.
 
LA CHOUCROUTE A L'ALSACIENNE
Pour 8 Personnes
Ingrédients :
  • 2 kg de choucroute - 2 jambonneaux
  • 1 kg de carré salé ou épaule fumée
  • 300 g de lard fumé - 300 g de lard salé
  • 250 g de saucisse blanche
  • 4 montbéliardes - 4 petites saucisses de Strasbourg
  • 4 quenelles de foie - 2 boudins
  • sel - poivre - 1 feuille de laurier
  • 3 clous de girofle - 8 baies de genièvre
  • 2 oignons, 3 gousses d'ail
  • 1 l de sylvaner ou de Riesling
  • 1 l d'eau de bouillon
  • 150 g de saindoux
  • 8 pommes de terre.
 
Préparation :
  • Laver la choucroute à plusieurs eaux et bien l'égoutter.
  • Dans un faitout allant au four, mettre le saindoux et faire revenir doucement les oignons ciselés.
  • Mouiller au vin d'Alsace et eau ou bouillon et y disposer les jambonneaux, le carré salé, le lard fumé et salé.
  • Mettre la choucroute au-dessus.
  • Saler et poivrer, ajoutez les gousses d'ail, clous de girofle, baies de genièvre et feuille de laurier.
  • Faire cuire à feu doux pendant 1h.
  • Faire chauffer dans l'eau les saucisses de Strasbourg, les montbéliards et les quenelles de foie.
  • Faire griller la saucisse blanche et les boudins.
  • Rectifier l'assaisonnement et dresser la choucroute avec les garnitures disposées autour et au-dessus.
  • Servir à part les pommes nature.
  • En accompagnement, vous servirez un Sylvaner, un Riesling.

Catherine Rossit
 
 
 
 


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