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“À soir, on fait peur au monde”
Depuis quelques semaines, de sérieux doutes quant à la virulence de la grippe H1N1 fusent de toutes parts, en particuliers de médecins européens dont la crédibilité est établie. Entre autres, l’épidémiologiste allemand et ex président de la sous commission de la Santé du Conseil de l’Europe, le Dr Wolfgang Wodarg, qui réclame une enquête sur le rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques durant toute la gestion de cette crise. Selon lui, rien ne justifiait que l’OMS sonne l’alarme à l’échelle mondiale, créant une panique tout aussi planétaire.
Un autre épidémiologiste, celui-là britannique, le Dr Thomas Jefferson, critiquait sévèrement l’OMS dès juillet 2009 et affirmait que la décision de l’OMS était motivée par l’argent. Il en veut pour preuve cette question pour laquelle on n’a toujours pas de réponse : pourquoi l’OMS a allégé sa définition de la pandémie peu de temps avant l’éclosion de la grippe ? « On a l’impression que toute une industrie attend la prochaine pandémie », faisait-il observer à l’époque.
Un autre médecin, le Dr Juan Gérvas, professeur honoraire de santé publique à l’université de Madrid, affirmait lui aussi en juillet 2009 que malgré son caractère contagieux, la grippe A H1N1demeurait légère.
Quand au Dr Marc Girard, il est catégorique : cette pandémie est une mystification et une commission d’enquête sur les conditions de vaccination est d’ailleurs en cours chez nos cousins français.
Autant de médecins crédibles, sérieux et réputés ne peuvent être accusés d’amateurs simplistes de la théorie du complot. Mais quel est le mobile du crime? La vaccination massive des populations représentent des centaines de millions de dollars à travers la planète et seulement un poignée de pharmaceutiques peuvent fabriquer le vaccin.
On peut s’amuser à discuter longtemps du bien fondé de ces accusations non seulement lourdes, mais portées par des gens qui, jusqu'à nouvel ordre, n’ont aucun intérêt à les proférer sans fondement.
Mais ce n’est pas la première fois que l’on crée de toute pièce une panique. Souvenez-vous les années 90 avec le fameux bug de l’an 2000. Durant 10 ans, on a créé une véritable psychose à partir d’un petite hypothèse banale : les dates annuelles ne comportant que deux chiffres, arrivé à 2000, tous les processeurs d’ordinateurs pourraient cesser de fonctionner à partir de l’an 2000. Finis banques, avions, cuisinières, lave vaisselle, Hydro-Québec, tableau de bord de voitures, bref, c’était pour être la version moderne de la fin du monde.
Campagne de peur rondement orchestrée, des centaines de millions de dollars ont été dépensés pour solutionner un problème qui, selon certains experts, n’a jamais existé véritablement.
Mobile du crime, du complot? L’argent, bien sûr. Les informaticiens conseils ont réalisé des chiffres d’affaires exceptionnels, des entreprises ont embauché du personnel supplémentaire pour le 31 décembre 1999, tout le monde des affaires était sur le qui-vive en attendant le grand Big Bug.
Et je me souviens de cet informaticien qui s’était un peu moqué de moi en me disant que tout cela était de la foutaise, une façon pour l’industrie de la consultation informatique de faire des affaires d’or. « Tu n’as qu’à simuler sur ton propre ordinateur en jouant avec la date informatique, tu verras ».
Ce que je me fis un plaisir de tester. Résultat : niet, rien, nada. Mon ordinateur a bel et bien continué de fonctionner. N’en déplaise à tous ces prophètes de malheur qui prédisaient le contraire, tout a continué comme si de rien était.
Finalement, arrivé au 1er janvier 2000, tout a bien fonctionné comme d’habitude, business as usual.
Mais alors, qu’est-ce à dire? Sommes-nous naïfs au point de croire aveuglement tous ceux qui se prétendent scientifiques, au mépris de notre sens critique le plus élémentaire ?
Oui!
Pourquoi? Parce que pour réussir ce genre d’opération catastrophe, il faut réunir quatre conditions gagnantes :
• Un risque réel dont on peut mesurer les conséquences
• Un inventaire des conséquences possibles
• Une campagne de communication avec des porte-parole crédible
• Des gagnants de cette opération panique, c’est-à-dire, des experts en mesure de solutionner le problème soulevé, moyennant de généreux honoraires, bien sûr
Dans un tout autre ordre d’idées, on assiste depuis quelques mois à une autre de ces campagnes « de peur », cette fois-ci à propos de la dette du Québec. Avec les mêmes ingrédients qu’on le retrouve dans les campagnes précédentes soit :
• Un risque réel dont on peut mesurer les conséquences : l’endettement
• Un inventaire des conséquences possibles : la détérioration de la situation financière du Québec, les jeunes et les petits enfants qui vont payer, la faillite de l’État
• Une campagne de communication avec des porte-parole crédibles : des économistes, des médias écrits et parlés
• Des gagnants : des économistes expert-conseils embauchés à grands coups d’honoraires, des réductions de taxes pour certains privilégiés, des privatisations ou réduction de services
Ça vous rappelle pas quelque chose?
Michel Gailloux
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